(Bien qu'il y ait eu 2 stages, un le lundi soir et l'autre hier, je
vais faire un résumé comme s'il ne s'était agi que d'un seul et unique
pour éviter les bis repetitae)
Tout d'abord un petit portrait de nos deux intervenants :
Jean-Sébastien BRESSY est un jeune homme tout à fait charmant qui vit son art.
Très pédagogue, il sait transmettre les détails importants avec
précision et il sait communiquer sur ce qu'est le Taekkyeon. Hendrik
RUBELLING est lui aussi tout à fait sympathique, abordable, très bon technicien
en même tant que bon pédagogue aussi. Tous les deux ont su faire régner
une ambiance de détente et de jeu : le Taekkyeon rendrait-il les gens
relax ? Personnellement, j'aurais tendance à penser que oui et c'était visible
sur les stagiaires : pas de testostérone, pas de rivalité, juste du jeu
en même temps que du travail et du plaisir.
Les cours commencent par un échauffement : frappes (douces) du
dessus du pied dans le creux du genou, frappes du plat du pied sur le
bas de la cuisse, élévations du talon sur la hanche opposée, mouvements
circulaires du bassin, des genoux et des chevilles. Puis, plus
classiquement, échauffement du cou, des épaules
Vient le travail des Pum balgi (품밟기), les déplacements en triangle. Il y
a principalement deux types de Pum balgi : l'un avec la base du
triangle devant soi, l'autre avec la base du triangle derrière soi. Le
plus difficile, en dehors de la coordination entre les mouvements de
bras et de jambes, est certainement d'acquérir un état de relaxation
nécessaire à la bonne fluidité du mouvement. Comme nos intervenants
nous l'ont dit, il ne doit pas y avoir d'arrêt du mouvement en
Taekkyeon, un déplacement s'enchaîne à un autre déplacement sans arrêt
sur une position intermédiaire. C'est quand même là qu'on rigole bien,
de se voir le uns les autres empêtrés dans nos mouvements un peu
saccadés il faut bien le reconnaître. En outre, au delà de tout cela,
c'est aussi une forme de corps à acquérir toute en détente (dans le
sens sans tension et dans le sens bondissant). S'enchaînent Pum balgi
sur place, déplacements en avant puis en arrière où là aussi, certains
ressemblaient assez à Aldo Maccione et sa classe américaine...
Le travail des Tanchuk est aussi intéressant : ce sont des attaques de
jambe basses (sous la ceinture) dont la particularité est de ne pas
faire mal au partenaire mais, en quelque sorte, de venir poser le pied
et de pousser soit avec le plat du pied, soit avec le dessus du pied
(c'est valable pour tous les coups de pieds en général. en compétition,
nous explique-t-on, un coup qui claque est éliminatoire car il ne faut
pas faire de mal, il faut juste déséquilibrer). Donc coups de pieds
pendulaires à la cheville, crochet vers l'extérieur, crochetage avec le
mollet, coup dans l'intérieur de la cuisse, coup d'arrêt au genou, ...
Ce qui est dur est justement de ne pas faire mal : notre habitude de
frapper et parfois difficile à doser quand il ne s'agit que de poser et
pousser. Deuxième chose : le travail de hanche est très prononcé afin
de générer suffisamment de puissance dans la poussée.
Pour les coups de pied hauts, nous voyons quelques coups de pied de
base : un coup de pieds direct sans plier le genou, un coup de pied
type Ap chagi en piston (le but étant toujours de pousser, non de
blesser), un circulaire classique, un circulaire inverse (genre fouetté
italien, si je ne m'abuse), porté au visage. Le tout toujours en
liaison avec les déplacements en Pum balgi pour corser la difficulté...
En outre, dans tous les mouvements, il y a une liaison à effectuer
avec les Kihap particuliers du Taekkyeon : les fameux "Ik" et "Ek".
Drôles au départ, on ressent comme une évidence au fur et à mesure
qu'on pratique. Le troisième Kihap est "Ko" sur les attaques poussées.
Par la suite, nous avons pratiqué quelques petits Daeryeon d'application des Tanjuk. Il est toujours
très drôle de pousser et d'essayer de ne pas tomber soi même, de saisir
et de repousser la saisie de l'adversaire. Une sorte de jeu de chat et
de la souris où le travail de déplacement, d'équilibre et de puissance
de hanche se révèle en plus des autres qualités attendues
habituellement d'une compétition : vitesse, ruse, distances et angles,
timing. Le tout toujours dans une ambiance détendue, voire enfantine :
pour ma part, j'ai trouvé cela très rafraîchissant, très différent de
l'ambiance habituellement martiale des cours de nos Hapkido.
Pour finir, nos intervenants nous ont démontré d'autres facettes du
Taekkyeon : un combat souple mais néanmoins dynamique avec coups de
pieds hauts et bas, saisies, projections, la totale en somme. Puis un
Bontae (forme = kata) de 200 mouvements à peu près : très fluide, très
en souplesse, sans tension aucune, tout en rondeur, sans formation de
poing, pratiquement comme une danse. En bref, on ne peut vraiment pas
le confondre avec une forme de Taekwondo (ni mieux, ni moins bien,
juste très différent).
Il ne me reste qu'à remercier nos intervenants pour l'enseignement
prodigué, mon instructeur Jérôme pour avoir attribué 2 de ses créneaux
de Hapkido pour ces stages et les personnes qui sont venues apporter
leur bonne humeur.